All posts by Angelique Olivia Moreau

Traductrice technique et littéraire NO/EN > FR

Pauvres pécheurs

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Titre : Pauvres pécheurs (Sinful Folk)

Auteur : Ned Hayes
Traductrice : Angélique Olivia Moreau
Campanile Books, novembre 2016

Genre : Roman historique / Suspense

 

Noir et impitoyable. Acéré et immédiat. Attachant et évocateur.

Quelques adjectifs qui ne peuvent que donner une vision bien incomplète de Pauvres Pécheurs. Ce premier roman traduit en français de Ned Hayes, auteur à succès du livre sur le syndrome d’Asperger The Eagle Tree, est un mystère médiéval inspiré de Chaucer. Passionné d’Histoire et titulaire d’une licence de théologie, l’écrivain a puisé dans les Contes de Canterbury l’idée d’un pèlerinage à travers l’Angleterre moyenâgeuse.

Dans le petit village de Duns, un atelier de tisserand est la proie des flammes. Enfermés là par une corde qui retient la porte, les jeunes garçons qui s’y trouvaient n’en réchapperont pas. Parmi eux, Christian, le fils de Mire, une femme se dissimulant depuis dix ans sous l’identité d’un moine muet. Accablés par la tristesse d’avoir perdu leurs fils et voulant demander justice au Roi pour ce qu’ils considèrent comme un assassinat, plusieurs hommes chargent les corps de leurs enfants sur une charrette et entament un long périple vers la capitale. Mais il ne faut guère de temps à Mire pour deviner que le coupable se trouve parmi eux. Assaillie par les souvenirs de sa vie passée et la promesse secrète qu’elle a faite à sa mère sur son lit de mort, Mire/Miriam est prête à tourner une nouvelle page de sa vie.

Pauvres Pécheurs est parfait pour les adeptes de littérature historique (mais pas seulement…), et contient également une part de mystère et d’incertitude. Les retours en arrière, les rêves et les visions, les mensonges et les trahisons, l’identité même de Mire sont autant de procédés narratifs qui rendent la lecture palpitante, tandis que le récit au présent crée un effet d’immédiateté qui donne l’impression de se retrouver sur la Route Blanche aux côtés de la petite troupe disparate.

« Le récit d’un pèlerinage digne de Chaucer, évocateur, fascinant et mettant en scène des personnages inoubliables, que nous livre avec talent un conteur de premier ordre. » — Brenda Rickman Vantrease, auteur à succès au classement du New York Times

Une légende des Highlands

couverture roman romance historique

Titre : Une légende des Highlands (Once Upon a Highland Legend)

Auteur : Tanya Anne Crosby
Traductrice : Angélique Olivia Moreau
Correctrice : G.A. Elleag
Oliver-Heber Books, mai 2017

Genre : Romance historique/voyage dans le temps
Érotisme : 🌶️🌶️

 

Cette nouvelle de Tanya Anne Crosby est tirée d’un recueil de récits tournant autour de la légende de la Pierre de l’Hiver.

Cette fantastique histoire de voyage dans le temps met l’accent sur les Pictes, un peuple mystérieux qui est sorti des pages de l’Histoire.

Le résumé : Entraînée par une passion pour la pierre du destin et convaincue que le bloc de grès exposé au musée du château d’Edimbourg est une copie, la chercheuse américaine Annie Ross part explorer les collines des Highlands à la recherche d’une grotte ou d’une cachette possible. Tenant à la main le cristal qu’elle vient d’acheter dans un magasin de souvenirs tenu par une étrange femme borgne, elle s’endort au sommet d’une colline et se réveille dans un monde qui la déroute… au sein d’une tribu picte qui possède le secret qu’elle a poursuivi toute sa vie !

Si vous aimez les romances historiques agrémentées d’un brin de magie, Une légende des Highlands est le livre qu’il vous faut. Je vous promets un moment agréable à la découverte d’un peuple qui reste rare dans les romances écossaises, les auteurs préférant les fiers Highlanders aux mystérieux Pictes.

Alliant les éléments de la romance historique traditionnelle au thème du voyage dans le temps, Une légende des Highlands a su attirer de nombreux lecteurs depuis sa publication.

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Un ange de feu

cover romance historiqueTitre : Un ange de feu (Angel of Fire)
Série : Les Héros Médiévaux, tome 1

Auteur : Tanya Anne Crosby
Traductrice : Angélique Olivia Moreau
Correctrice : G.A. Elleag
Oliver-Heber Books, Février 2018

Genre : Romance historique
Érotisme : 🌶️🌶️

Ce roman est le premier tome de la seconde série historique de Tanya Anne Crosby ainsi que sa toute première romance publiée par Avon Books en 1992, l’imposant dès lors comme l’une des reines de la romance historique.

L’histoire contient déjà tous les éléments qui ont fait le succès de ses romans suivants : une héroïne forte à la langue bien pendue, un héros puissant dont la lame est guidée par l’honneur, du mystère et des antagonistes particulièrement sinistres qui font tout pour séparer le couple d’amoureux. Le tout évolue sur une toile de fond évocatrice mais qui n’est pas alourdie par des détails historiques trop nombreux.

Le résumé : Chrestien de Lontaine et sa sœur Adelaine se retrouvent orphelines après la mort de leur père à la bataille de Tinchebrai dans des circonstances plus que mystérieuses. Jeune femme au fort caractère qui n’a pas l’intention de se marie et donc déterminée à passer le reste de sa vie dans un couvent, Chrestien se déguise auparavant en jeune chevalier pour escorter sa sœur qui doit épouser le seigneur voisin, Aleth de Montagneaux, et lui garantir ainsi un futur stable. Mais sur le chemin de l’Abbaye de Caen, sa troupe est successivement attaquée par une bande inconnue puis secourue par un puissant chevalier qui n’est autre que le Loup d’Argent du roi Henri, un dangereux mercenaire responsable de la mort du père de Chrestien.

Commence alors un jeu du chat et de la souris entre les deux personnages tout aussi têtus et indomptables l’un que l’autre.

On ne pourrait s’imaginer deux jumelles plus disparates ! Chrestien et Adelaine évoluent dans deux sphères différentes, permettant à l’intrigue d’évoluer dans plusieurs endroits à la fois et de créer un quiproquo qui pourrait s’avérer fatal. Je n’en dirai pas plus… Quant au Loup d’Argent, il représente parfaitement le guerrier Alpha qu’affectionne tant Tanya et qui saura séduire les lectrices.

Le roman est disponible sur plusieurs plateformes de vente en ligne et remporte depuis un franc succès. Alors n’hésitez pas et laissez-nous un commentaire pour nous dire ce que vous en avez pensé !

classement des ventes amazon romance historique

À la table du seigneur… 

Travailler sur des romans historiques m’a permis d’en apprendre beaucoup sur les habitudes culinaires de nos ancêtres. Certes, les romans que je traduis se déroulent surtout dans l’Écosse médiévale, mais pas toujours, et au plaisir de la découverte et de la plongée dans une certaine couleur locale se sont ajoutés la difficulté de surmonter certains écueils ainsi qu’un travail de recherche terminologique plutôt conséquent.

 

Banquet
Source : Stevie-B, Banquet, CC : https://flic.kr/p/myJot

Un festin de groupe dans la grande salle

Ce qui m’a d’abord marquée est que tout le monde prend son repas ensemble dans la salle d’apparat où viennent parfois jouer des acteurs et jongleurs itinérants ou des musiciens (luth, harpe, pipeau…). L’espace peut rapidement se libérer en démontant les tables qui sont de simples plateaux de bois montés sur tréteaux et assortis aux bancs grossiers, parfois ornés de gravures, sur lesquels on s’assied. Les chaises étaient considérées comme un luxe et on ne les utilisait pas pour prendre son repas. À la limite, un tabouret pouvait faire l’affaire.

Le seigneur et ses proches ou ses invités de marque prennent place sur une estrade faisant face aux tables du bas et généralement surmontée d’un dais. Dans certains romans, l’estrade n’existe pas, mais le dais marque la séparation entre les gens “du haut” et les autres.

Dans les foyers plus modestes ou dans certaines familles, on mange dans la pièce à vivre, à son bureau ou au beau milieu de sa chambre à coucher, l’usage des pièces n’étant pas établi comme à l’heure actuelle.

Un tranchoir ?

Quel concept étrange, et cela même si je vis en Norvège, le pays du sandwich “ouvert” qui ne présente qu’une seule tranche de pain sur laquelle s’étale la garniture. C’est un peu la même chose. Les assiettes modernes n’existant pas, on pose sa nourriture sur un tailloir, une plaque de bois ou de métal, selon sa position sociale. Le tranchoir constitue la base du plat, sur lequel on dispose le reste des aliments, que l’on découpe avec son couteau personnel et que l’on mange avec les doigts, la fourchette étant plutôt une sorte de brochette commune qui sert à attraper les aliments dans le plat. À cet égard, il est d’ailleurs important de se laver les mains avant et après le repas et de faire preuve de civilité, puisque les ustensiles sont utilisés par tous, y compris le verre, que l’on partage parfois avec son voisin.

Pour l’anecdote, j’ai rencontré dans un de mes romans l’expression anglaise qui se traduit littéralement par “ouvrir des yeux grands comme des tranchoirs” (à comprendre : comme des soucoupes – très anachronique) et j’ai hésité entre conserver le petit trait d’humour et ajouter une note ou bien modifier l’expression (en remplaçant les tranchoirs par des ronds de charrette). J’ai opté pour la deuxième option.

Dans un autre livre, la romancière avait utilisé le mot plate (assiette) dans le texte source, alors que l’objet n’était pas usité à l’époque. Puisque le plat en question était du haggis, plat écossais s’il en est, ma correctrice et moi l’avons traduit par écuelle, qui était, avec la cuillère en bois qui l’accompagne, un des objets de base de la table médiévale.

Scandinavian Pie
Source : Vrangtante Brun, Pie, CC : https://flic.kr/p/6yPj3z

Du gibier à tout va

Si dans les maisons privées, les personnages de romans se nourrissent de haggis, de tartes, ou encore de pain et de fromage, au domaine des lairds, on consomme du gibier (sanglier, cerf, faisan…). Les plats sont souvent en sauce et les fruits secs ont la part belle. Les pâtés sont également des incontournables de la table médiévale.

Le matin, on consomme du jambon, du pain, du beurre, des œufs… mais en temps de disette ou comme cela se produit lors de certaines histoires, les personnages sont contraints d’engloutir des écuelles entières de bouillie d’avoine (le fameux porridge), à peine égayées de quelques fruits secs.

Pensez-y la prochaine fois que vous lirez une scène de banquet et… bon appétit, bien sûr !

 

Quelques liens pour en apprendre plus

http://www.lecerclemedieval.be/histoire/A-table-au-Moyen-age.html

http://voyageurs-du-temps.fr/Comment-dresser-la-table-d-un-repas-banquet-festin-avec-recettes-de-cuisine-moyen-age-medieval_868.html

http://www.la-cour-des-saveurs.com/fr/75-mettre-la-table-au-moyen-age

 

 

 

La B.O. des Demoiselles des Highlands 

La première série écossaise de Tanya Anne Crosby, Les Demoiselles des Highlands, contient de nombreuses chansons ou mélodies traditionnelles, vieilles de plusieurs siècles et dont les paroles ont évolué au fil du temps, notamment selon le contexte politique.

J’ai souvent écouté ces mélodies pendant que je traduisais ces romans historiques, et je vous propose aujourd’hui de faire de même, grâce à ces quelques vidéos.

L’Épouse du MacKinnon

Capturée par le sauvage Iain MacKinnon et répudiée par son père, Page se retrouve sans foyer au milieu d’une bande de Highlanders revêches dont elle ne comprend pas toujours la langue. Quand le petit Malcom lui demande de lui chanter une berceuse, elle se souvient d’une chanson que lui chantonnait son amie écossaise, mais dont elle ne connait pas les paroles en langue scots. Pris par le moment, les hommes se mettent bien vite à l’accompagner, qui en chantant, qui à la flûte, et cette mélodie entêtante projette dans l’esprit d’Iain une vision qui pourrait lui révéler le terrible secret qui entoure la mort de sa mère.

Il s’agit de la balade “Hush Ye, My Bairnie”, interprétée dans la vidéo suivante par Bok, Muir and Trickett sur leur album de 1980.

Le Cadeau de Lyon

Meghan Brodie est belle mais revêche, et lorsqu’elle est capturé par ce Sassenach de Lyon Montgomerie, qui n’a rien à faire dans cette portion des Highlands, elle n’hésite pas à lui faire savoir exactement ce qu’elle pense de ses machinations en se faisant passer pour folle afin de dissuader de l’épouser.

Grimpant sur l’une des plus hautes poutres de la grande salle, elle se met à chanter à tue-tête une chanson pourtant si jolie mais qu’elle n’hésite pas à massacrer.

Il s’agit ici d’une chanson dont les paroles ont évolué au fil du temps, mais qui était en vogue au milieu du XVIIe siècle. On dit notamment que c’était l’une des mélodies favorites du roi Henri VIII. Le poème original s’intitulait “Will Yow Walke the Woods soe Wylde” et a été écrit par Sir Thomas Wyatt.

Il existe plusieurs arrangements, dont voilà l’un des plus modernes, intitulé “All for Love of One” et interprété par les Mediæval Babes.

À Genoux devant elle

Seana a passé toute sa vie aux côtés son père dans la pauvreté d’un cairn humide et délabré. Marquée par une infirmité de naissance qu’elle a réussi à surmonter, elle en veut terriblement à Colin mac Brodie, le plus grand séducteur de la Scotia, de l’avoir repoussée si durement lorsqu’elle était petite. Misant tous ses espoirs sur Broc, qu’elle voudrait épouser, elle cherche pourtant refuge au manoir des Brodie à la mort de son père.

Assise dans le brouillard du soir, vêtue de la robe de Meghan et maquillée par Allison, elle chante sa peine, ignorant que Colin l’écoute à bonne distance.

Très anachronique, sa mélodie est un air de cornemuse dédié à la cause jacobite par Donald MacCrimmon, et qui préfigure la déroute du clan MacLeod à Culloden, bataille auquel le compositeur ne survivra pas. La version suivante, très épurée, est interprétée par Barbara Dickson.

Une mélodie des Highlands

Gavin mac Brodie a pris la décision de quitter le manoir familial et de commencer une nouvelle vie en solitaire, ce qui lui permettra, il l’espère, de retrouver la foi. Mais c’est alors qu’il fait la rencontre de Cat, une femme picte peinte en bleue. Retournant vers la maison qu’il construit et espérant revoir la mystérieuse jeune femme, il chante une chanson que lui a enseignée sa grand-mère et dont il ne connait que le premier couplet.

Il s’agit de “Westron Wynde”, une chanson anonyme aux paroles séculaires dont la mélodie a servi de base à des cantiques et à des chansons à vocation religieuse. Son origine remonte probablement à la moitié du XVIe siècle.

La version suivante est interprétée par Francesco Barbieri.

Bonus : L’espoir des MacKinnon

Dans l’esprit d’un Conte de Noël de Charles Dickens, Hugh FitzSimon reçoit la visite de l’esprit de sa défunte épouse qui lui montre ce qui a été, ce qui est et ce qui sera s’il ne tente pas de corriger ses erreurs.

Abandonné par tous dans son manoir glacé, Hugh n’a qu’une envie : retrouver son lit, mais c’est sans compter sur une mélodie qui se fait entendre dans le solarium. Gagnant la pièce à pas de loup, il voit une lumière éblouissante émerger de la pièce et une silhouette de femme qui semble bercer un enfant près du feu tout en lui chantant une mélodie qu’il a toujours trouvée irritante et sirupeuse.

Hum, il semblerait qu’il s’agisse ici d’un léger anachronisme, puisque l’origine de “Greensleeves” serait en réalité élisabéthaine, mais il s’agit d’une des mélodies des temps anciens les plus reconnaissables, reprise par de nombreux artistes et référencée dans de nombreuses œuvres populaires, de Shakespeare aux Beatles. La rumeur voudrait aussi que l’écriture de cette chanson ait été commanditée par le monarque Henri VIII en l’honneur de son épouse Anne Boleyn.

La version suivante est interprétée par Méav Ní Mhaolchatha.

Lass : la fameuse jeune fille écossaise

Si vous avez la chance d’être bilingue et que vous avez lu en V.O. quelques romances historiques se déroulant en Scotia, vous avez certainement remarqué cette étrange épithète : lass (ou lassie), qui se retrouve dans la bouche de tous les Scots dès qu’ils sont en présence d’une femme. S’il s’agit simplement d’un terme écossais des plus communs pour désigner une jeune fille ou une jeune femme, sa fréquence et surtout son emploi sont parfois déroutants pour les lecteurs de traduction en langue française. Il semblerait donc que quelques explications soient nécessaires.

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Source : Flickr, Tatters, Old Scotland, CC : https://flic.kr/p/MLX8G4

Une étrange apostrophe

Philippe Safavi, le traducteur d’Outlander de Diana Gabaldon, le dit lui-même : quand on essaye de rendre les particularités du parler écossais en français, notamment en piochant dans nos accents régionaux pour en recréer l’impression, cela peut parfois devenir un peu “plouc”. Incompatible donc avec la romance… Alors que faire ?

Utilisé comme apostrophe, lass peut faire penser au “ma belle” dont nous affublent volontiers les Sudistes ou à “ma petite dame”, mais sans connotation de classe ou d’origine paysanne. Plus familièrement, on pourrait aussi le comparer au “femme !” qu’utilisent parfois certains hommes envers leurs épouses ou tout autre personnage féminin (surtout quand celles-ci les contrarient, n’est-ce pas ?). Certes, c’est sexiste et horripilant, mais pour la petite histoire, quand j’habitais à Glasgow, j’ai été surprise de m’entendre interpeller à longueurs de phrases par des inconnus qui me disaient man. Mate (mon pote) me fait déjà grincer des dents, alors un changement de sexe imposé…

Dernière remarque. Attention, comme l’ont suggéré certaines lectrices dans leurs critiques en ligne, le terme ne possède aucune notion affective (bien au contraire, puisqu’on en infère que les locuteurs n’utilisent ni une formule de politesse, ni le prénom de la personne), et n’est pas non plus un surnom. Il s’agit simplement d’un de ces tics de langue auxquels on ne peut pas couper.

Quelques astuces pour le traducteur de romans écossais

La solution de facilité, et qui aurait également l’avantage d’expliciter cet usage et de mieux faire connaître la culture écossaise, serait d’ajouter une explication. Deux choix : insérer une note de traduction après le premier usage de l’expression “jeune fille”, ou bien conserver le terme lass en italique tout au long du texte, après une explication initiale sur son utilisation si particulière.

Dans une optique cibliste et pour rendre la lecture plus aisée, on peut tenter d’en diminuer la fréquence en rendant le propos plus formel ou, au contraire, plus personnel, en prenant en compte les relations entre les interlocuteurs. Par exemple, si l’un des guerriers du groupe s’adresse à l’héroïne de haute naissance, on pourra le remplacer par “Mademoiselle”. D’un autre côté, si c’est un prêtre âgé qui est touché par la détresse d’une pauvre prisonnière, sa bienveillance sera mise en valeur si l’on traduit lass par “ma jeune dame” ou une formule de ce genre.  Ce ne sont que quelques exemples. Libre à vous d’en trouver d’autres et de m’en faire part ; je serais curieuse de connaître vos petits trucs.

Cela étant, je ne suis pas forcément partisane du changement trop violent ou de la suppression pure et simple, mais les chroniques de lecteurs passionnés et familiers du genre soulignent souvent que l’usage répété de “jeune fille” ou “jeune femme” au sein de la narration est perçu comme lourd, incorrect (encore pire !), ou parfois même niais, alors qu’en langue anglaise et pour les gens qui ont, comme moi, vécu en Écosse, il s’agit d’une des marques de fabrique du dialecte écossais.

 

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Page, ma première héroïne écossaise, se prêtant d’autant plus à l’emploi continu de “lass” qu’elle ne possède pas vraiment de prénom (elle occupe les fonctions de page du château).

En conclusion, il est important d’écouter les remarques des lecteurs du genre qui sont peut-être habitués aux romances ayant subi le traitement Harlequin, destiné à faciliter la lecture d’un texte cible que la traduction a rendu parfaitement lisse, et ce, peut-être, au détriment de la couleur locale. D’un autre côté, il est bon d’informer les lecteurs, car la plongée dans un contexte historique ne passe pas seulement par un respect des costumes ou bien des us de l’époque, mais également par certains tics de langage, aussi déroutants qu’ils puissent paraître.

 

Pour aller plus loin :

Cliquez ici pour lire une fantastique interview du traducteur Philippe Safavi sur Outlander France.

 

 

 

 

 

Making decisions in literary translation: translating dialects

Translating is a lot like solving an enigma or a riddle, or even reading a crime book with a pencil and a pad of paper at hand, trying to guess who did it. Though one might argue that there are no right or wrong answers for an experienced translator, only an enlightened decision, making the right choice of word, or finding the best solution to the original clue, if you want, can be of capital importance to the success of the book.

On the topic of historical novels or dialects

“Aye, pray thee, bonnie lassie, dinna ye ken wot that mon is sayin’?” Errr, probably no more than a translator who has not lived in Scotland, no. And what about those historical novels that take you to the Southern States before the Civil War? Or take one of my translations, featuring a main character that could barely speak English when she moved to America, prompting the novelist to write all her dialogues in a broken mix of English and Spanish that I was, for a moment, at a loss to translate.

There are several choices translators can make to allow their readers to grasp the feeling that, let’s say, a dialect or an archaic language is being spoken, without it being too strenuous on the eyes nor obtrusive.

Though not a favourite amongst translators of fiction, as it slows down the reading process, is the option of inserting a translator’s note at the bottom of the page. It could be used to explain a foreign word that cannot be translated without losing a huge part of its meaning (referring for example to a plant, an animal, or even a custom that is present only in this specific region of the globe, and that the narrator has chosen not to elucidate elsewhere in the text).

Having to deal with a Scottish romance, for example, I would chose to keep exclamations like “Ach”, or “Och” in French, as well as Scottish Gaelic phrases, provided that I juxtapose a French translation of the word. Meeting the words uisge beatha in a narrative, I would probably keep it in italics, followed by “du whiskey” or “de l’eau de vie” (or something in the vein of “that famous Scottish water of life”), depending on the century the action is set in.

As far as Southern or foreign variations of the language that are represented in phonetics to underline the fact that the speaker does not master the language fluently, I have always had problems working on those. I would certainly not have managed to produce a faithful rendering of Gone with the Wind or To Kill a Mocking Bird into French, as I would probably have chosen to have the characters use poor or mangled grammar, and that’s it, and not to make them use what I consider child speech, which would only serve, in my eyes, to belittle them. Don’t ask me, I’m certainly wrong, but it tickles my moral bone, though I am well aware that some communities are proud to have developed their own lingo. You is kind, you is strong.

How to make an enlightened decision?

  • Read other books (or samples) of the same genre that were written directly into your target language or translated into it.
  • Wait… Isn’t that plagiarism? Nope, it is drawing inspiration from what other translators have done to solve the same riddle you are facing, while creating the right mood for their narratives.
  • Work closely with your proofreader, or have a sample of your text (with the permission of the author/publisher) be submitted to a panel of readers in your target language. In the end, all linguistic considerations put aside, these people will be the ones to please; they will be the ones who should forget that the book they have in hand was written in a foreign language in the first place.

I hope you enjoyed these few considerations. These are good examples of the decisions a literary translator has to make on a daily basis. Next time, we will be covering the process of finding the right title and the importance of marketing considerations in that respect.

Feel free to share your experience!

8 easy tips to memorize vocabulary

Everyone possesses a different intelligence: some people react to colours or shapes, other to sounds. Some like to learn by rote, out of context, while others only manage to learn a language by listening to it. Knowing how your brain functions will help you learn new vocabulary in a better and durable way. I know for sure that I would be nothing without the written word. My Norwegian improved greatly by listening to the radio or watching TV on a daily basis, but I need to support that way of learning by seeing the words correctly written, compiling a list, or writing them down a few times.

Here are a few other tips on how to learn and memorize vocabulary:

1 – Stay in context: I’ve noticed this works well with newspapers. Let’s say that I want to learn vocab on health. For one week, read 5 articles a day in your target language and underline all the new words or the phrases you want to memorize. By the second article, you will notice words that pop up again.

This works particularly well with connecting words and phrases that are not usually found in fiction. Phrases like “on the other hand”, “besides”, “as a conclusion”… all those rhetorical bits that make up a good essay abound in the press.

2 – Repetition is key: Once you have made a list of the words you want to memorize, find a way to repeat them. My Latin teacher always said that you memorize by forgetting and relearning 7 times. So take a pen and jot down the words 10 times, or repeat them orally. Finding a way to put them into context by creating imaginary dialogues in which they could be used is equally effective.

3 – Finding the root and identifying affixes: Some words share the same root, which is modified by a prefix or a suffix. Take the word “identity”, for example. Several words can be created from the same root: identical, identify, identifiable,… Knowing your affixes will help you “guess” new words and learn them more easily. It also works well with a language that is very different from yours, as finding resemblances is a good mnemonic trick.

4 – Learning cognates first. This works if your target language is similar to your native one, or if you master another in the same family. It simply means that there are some words that sound and mean just the same in languages from the same linguistic tree. This allows me to understand Swedish and Danish while I can only master Norwegian, and I identified in my Norwegian vocabulary book a lot of words I already recognized. It will give you a head start.

5 – Make topical lists and learn them. Looking up every new word is not enough. You have to compile them in thematic lists, a trick I learned in high school and at university. This is half of the work as you pick them up from context, check them, copy them down, re-read them and try to use them. You see, you’ve already repeated the word 5 times.

6 – Learn by heart… but adapt it to your strengths. I had a problem learning some practical vocabulary out of context, like botanical terms, for example. Once, way before Desperate Housewives, I came across “wisteria” in a translation exam. I had learned a list of flowers by heart so I knew the French translation, but it made me realise that I couldn’t picture them in my head, and it explained why all that vocabulary disappeared from my mind over the summer. When I come across the name of an animal, a flower, an architectural or pictorial term I’m unsure of, I search for a picture of it on the internet, and it’s usually enough to make me remember both the foreign name and its translation.

7 – Play with words. My favourite crosswords are “skeleton”, in which the black squares are missing. I discovered them while living in Britain and I’ve started doing word puzzles in Norwegian. I’m sure that, in the age of interactivity, you can find apps that offer word games.

8 – Keep accountable. You have to learn everyday. Set aside 15 minutes a day and a longer period during the weekends to learn by heart, clean up your lists or simply read a difficult text or listen to the news, pen in hand. You will notice an improvement within 6 weeks.

There are, of course, other ways of learning. Word associations, for example. Some people also use riddles or little stories to remember complicated words. For example, they will learn “subconscient” (unconscious) by associating it with a submarine, going under the surface of the conscious (don’t laugh). It works for them, but I prefer doing the suffix thing and staying linguistically aware, or my head would explode, learning too many stories.

For a little bit of recreation (and inspiration), watch Daniel Tammet learning icelandic in one week. Of course, his autistic brain allows him to learn by synesthesia. Fascinating, isn’t it?

Translating a first-person narrative: What I learned in the process

The work of a literary translator is not limited to fiction. Over the course of the past few months, I have worked on a short story and a novel told in the first person, as well as memoirs and a non-fiction book in which the author uses “I”, instead of the more academic and general “we”.

But who is this “I”? It has struck me that I, as the French voice of that imaginary or real person, have been affected in my work as well as personally by the permanent use of a first-person pronoun I needed to distance myself from.

Here are a few points that I learned:

1- Translating a fictional “I” is easier. It may be psychological, but it was easier to separate myself from a fictional I, even when I worked on a short story in which the narrator was an alienated artist. This first-person narrator is not omniscient and the text is coloured by their inability to control all aspects of the plot. Even if the character is not particularly likeable, it’s easier to see them as a “vehicle” to travel through the story. Of course, those who have translated books like Les Bienveillantes into other languages will tell me that it’s not that easy, and I can understand how working on translating the (fictional) confessions of a horrible character has affected them.
And this bring me to my second point.

2- You will judge that narrator, or operate a transfer and become them. You may not always agree with the author. Translating literature is also having to write political opinions contrary to yours in the first person, transmitting advice you may differ with. You may think the narrator brags, or embellishes the truth. Of course, should your personal opinions differ too much from the message the text wants to convey, this is a matter of deontology. As a personal example, I often browse the platform Elance, and I see job offers for translation of religious based books. Not a problem in itself, but, after having leafed through some of them, I discovered homophobic opinions confidently expressed by an “I” I could not differentiate myself with. As far as non-fiction goes, there are personal opinions I simply could not bear to translate.

On the other hand, I have often fallen prey to becoming too attached to the character. Translating A Good Day to Die, by David Danish, was sometimes difficult, as I liked the first-person narrator, for his naïveté and openness, and I felt I was living through him the turmoils Iran knew at the beginning of the 1980s. Okay, it was based on real-life events, but it was still a fiction, or even a catharsis for the veteran writer who fought in the war and needed to communicate something about it.

But translating Outcry, a Holocaust memoir by Manny Steinberg, proved extremely taxing emotionally. How many times had I had to read, translate, edit and proofread a sentence that began with “I” and ended in horrors, tortures and beatings?

I realised I was becoming too involved when I started putting adjectives in the feminine form in the French version, as if it was me, Angélique, who was talking: I had lost myself.

3- To avoid this, keep your concentration and find the narrator’s voice. Try to write all you know about the character. How would they speak in French? When and where were they born? Who are they talking to?

For the memoir From the streets to Wall Street, written in English by a French native, I was lucky to have him correct the street slang I had tried to use. After having done some research, I had got most of it right, but his help proved invaluable during the copyright process, in giving his character the adequate voice, the one the author had when he was younger.

And you, have you had any experience working with first-person narratives?

Janteloven: The rules of social conformity in Norway

Whether you have only studied a Scandinavian language or lived or worked in close contact with Norwegians, you cannot have escaped hearing about the Law of Jante (Janteloven). It is a concept as near the Norwegian heart (for better or for worse) as “dugnad” is.

The Law itself has no legislative value whatsoever, but its ten commands are meant to hold a mirror to Danish society in the 1930s. It originates from the 1933 book, A Fugitive Crosses His Tracks, by Dano-Norwegian author Axel Sandemose, representing life in the little Danish town of Jante, which could be anywhere in transparent Scandinavia.

The ten rules are as follows:

  1. You’re not to think you are anything special.
  2. You’re not to think you are as good as we are.
  3. You’re not to think you are smarter than we are.
  4. You’re not to convince yourself that you are better than we are.
  5. You’re not to think you know more than we do.
  6. You’re not to think you are more important than we are.
  7. You’re not to think you are good at anything.
  8. You’re not to laugh at us.
  9. You’re not to think anyone cares about you.
  10. You’re not to think you can teach us anything.

Pretty humbling, eh? But what does it actually point to? A positive, stable society where everyone develops together at the same pace, or a rigid, inert group of people forbidding others to make themselves be noticed, as the unwritten 11th rule states: Perhaps you don’t think we know a few things against you?

Here are a few points to consider that would help you understand Norwegian society better, through Janteloven.

Transparency

Norwegian’s society is transparent, and it goes way beyond not having curtains in the windows. Tax returns are available for consultation provided you pay tax as well, enabling you to know how much your neighbour has in the bank. Gossip runs amok (after all, that is understandable, especially in the countryside, where everyone is a potential cousin). I hear more from politicians here than in my native country, and they have an open dialogue with each other instead of being thrown in the mud by journalists. The media make it very easy to know what is going on in the country, but, at your local level, the grapevine functions perfectly as well, enabling the group to control you and the image you project.

Egalitarianism and social cohesion

For society to remain stable, without conflicts that the group would not be able to handle, everyone should have access to the same opportunities. On the positive side, it means that all parents receive help from the government for the first 18 years of their child’s life, that these children will be able to participate in “culture schools” where they will learn art and music for a moderate sum of money, that these teenagers will later have access to State-funded loans to finance their studies, be them from impoverished or rich backgrounds, and that “everyone is best!” This is perfectly illustrated by the Norwegian education system, which is centred towards practical subjects as well as oral communication, and everyone’s love for sports, particularly team sports like football or handball.

On the other hand, it means that, should you be born gifted, like I was, your parents will have to move to another country to enrol you in a school that would suit your needs and your heightened pace, as “you are not to think you are smarter than we are.” Of course, I would be the first to say that, on average, Norwegians are well-educated and practical-minded, good parents, interested in art and heritage, good with their hands, fantastically fit and very good bakers. But remember that no one is allowed to excel in their craft; it would be even worse than bragging about it.

Defeatism (or, at least pessimism)

I remember reading an article when I still lived in the countryside. Two girls from the local town had moved to London on a musical venture that went bust after a year. No one was surprised and everyone expected them to fail, as they had dared “stand out” from the rest. This inertia, these endless meetings going on for years and years before a decision is made (or not), this expectation of failure and discontent are difficult to deal with on a daily basis for people who come from a dynamic culture that is solution-oriented. Not wanting to change something that is broken and preventing those who want to act is frustrating.

On the other hand, it may be because of that Norwegians love art and the country is so generous with stipends: it confronts them with their problems in a way that does not force them to take action.

A few parting words

Janteloven is a much debated topic, and the younger generations have come up with their own Anti-Janteloven rules, proving that it exists and functions as a weight on the spirit of some. Then again, as an instrument of social cohesion, it functions.