“Lionheart” (2018), un film de Genevieve Nnaji

J’aimerais vous parler d’un film que j’ai vu récemment sur Netflix après avoir repris un abonnement sur la plateforme après quelques mois d’absence.  

Ma philosophie pour les plateformes de streaming est de m’abonner durant mois environ, faire un tour dans leur catalogue et regarder tous les films qui m’intéressent avant de clore à nouveau mon compte jusqu’à l’année suivante. En bref, je rattrape mon retard sur les films et les séries de l’année… mais je fais également parfois de jolies découvertes. 

À la découverte de Nollywood

C’est le cas pour Lionheart, film nigérian réalisé en 2018 par Genevieve Nnaji et racheté pour une diffusion mondiale sur Netflix en janvier 2019. 

Bon, je ne vais pas faire semblant de m’y connaître en films africains. Je n’en ai vu que quelques-uns au cours de ma vie. Mais Nollywood est une force qui se fait de plus en plus connaître hors Afrique pour les spectateurs non-issus de la diaspora (notamment grâce aux streamers), et j’avais envie de me lancer dans l’aventure. Je souffre donc pour l’instant d’un manque de familiarité avec des acteurs qui sont apparemment des piliers du cinéma nigérian. 

De jolies valeurs

La phrase d’accroche sur Netflix nous vend l’histoire d’une jeune femme, Adaeze Obiagu, qui se voit contrainte de gérer pour un temps la société de transport de son père malade, soutenue par son oncle, l’original Godswill.

J’avoue y être allée à reculons, car je m’attendais réellement à ce que le film traite avant tout du thème du sexisme, dans le genre “femme dans un monde d’hommes”, et ce n’est pas un genre qui m’intéresse. Mais au final, même si le thème est présent et disséqué à plusieurs reprises, le film repose avant tout sur des valeurs : le travail et la famille.  

Comédie familiale qui fait parfois rire aux éclats, Lionheart est loin de suivre le scénario typique de la femme aigrie et sans compagnon qui se bat pour survivre dans un monde masculin – ce qu’elle ferait dans un film américain, boîtes de nuit et sessions téléphoniques avec les copines incluses. Non, ici, l’histoire fait plutôt l’effet d’une série de vignettes, mettant Adaeze dans des situations qui lui permettent de grandir : une confrontation qui remet en question son appartenance à la culture nigériane, le choc de la maladie de son père, la déception de n’être pas nommée manager, la recherche désespérée de solutions, le retour sur une histoire passée, un repas de famille qui mérite de rentrer dans les annales du cinéma et l’ouverture vers un nouveau futur qui s’inscrit dans la variété des langues et coutumes nigérianes. 

Et, sous-tendant le film, reste cette évidence résolument progressiste pour une culture patriarcale : la relation privilégiée entre la fille et son père, au détriment de la place du fils, qui n’est pas oublié, mais libre de vivre sa propre carrière. Le personnage de la mère, Abigail, est fascinante par sa perception. 

Avant de partir

En résumé, quelle que soit votre culture d’origine, regardez-le, vous passerez un moment agréable. 

Et pour terminer, un bémol pour moi, s’il faut en mentionner un, est la multiplicité des genres. On débute dans un film de working-girl, continue sur ce qui semble être un drame familial, tombe dans la comédie la plus pure en passant même un moment par une arnaque de gangsters… Mais universellement, n’est-ce pas un reflet des aléas de la vie ? 

 



Categories: chronique, Film

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