La B.O. des Demoiselles des Highlands 

Piper

La première série écossaise de Tanya Anne Crosby, Les Demoiselles des Highlands, contient de nombreuses chansons ou mélodies traditionnelles, vieilles de plusieurs siècles et dont les paroles ont évolué au fil du temps, notamment selon le contexte politique.

J’ai souvent écouté ces mélodies pendant que je traduisais ces romans historiques, et je vous propose aujourd’hui de faire de même, grâce à ces quelques vidéos.

L’Épouse du MacKinnon

Capturée par le sauvage Iain MacKinnon et répudiée par son père, Page se retrouve sans foyer au milieu d’une bande de Highlanders revêches dont elle ne comprend pas toujours la langue. Quand le petit Malcom lui demande de lui chanter une berceuse, elle se souvient d’une chanson que lui chantonnait son amie écossaise, mais dont elle ne connait pas les paroles en langue scots. Pris par le moment, les hommes se mettent bien vite à l’accompagner, qui en chantant, qui à la flûte, et cette mélodie entêtante projette dans l’esprit d’Iain une vision qui pourrait lui révéler le terrible secret qui entoure la mort de sa mère.

Il s’agit de la balade “Hush Ye, My Bairnie”, interprétée dans la vidéo suivante par Bok, Muir and Trickett sur leur album de 1980.

Le Cadeau de Lyon

Meghan Brodie est belle mais revêche, et lorsqu’elle est capturé par ce Sassenach de Lyon Montgomerie, qui n’a rien à faire dans cette portion des Highlands, elle n’hésite pas à lui faire savoir exactement ce qu’elle pense de ses machinations en se faisant passer pour folle afin de dissuader de l’épouser.

Grimpant sur l’une des plus hautes poutres de la grande salle, elle se met à chanter à tue-tête une chanson pourtant si jolie mais qu’elle n’hésite pas à massacrer.

Il s’agit ici d’une chanson dont les paroles ont évolué au fil du temps, mais qui était en vogue au milieu du XVIIe siècle. On dit notamment que c’était l’une des mélodies favorites du roi Henri VIII. Le poème original s’intitulait “Will Yow Walke the Woods soe Wylde” et a été écrit par Sir Thomas Wyatt.

Il existe plusieurs arrangements, dont voilà l’un des plus modernes, intitulé “All for Love of One” et interprété par les Mediæval Babes.

À Genoux devant elle

Seana a passé toute sa vie aux côtés son père dans la pauvreté d’un cairn humide et délabré. Marquée par une infirmité de naissance qu’elle a réussi à surmonter, elle en veut terriblement à Colin mac Brodie, le plus grand séducteur de la Scotia, de l’avoir repoussée si durement lorsqu’elle était petite. Misant tous ses espoirs sur Broc, qu’elle voudrait épouser, elle cherche pourtant refuge au manoir des Brodie à la mort de son père.

Assise dans le brouillard du soir, vêtue de la robe de Meghan et maquillée par Allison, elle chante sa peine, ignorant que Colin l’écoute à bonne distance.

Très anachronique, sa mélodie est un air de cornemuse dédié à la cause jacobite par Donald MacCrimmon, et qui préfigure la déroute du clan MacLeod à Culloden, bataille auquel le compositeur ne survivra pas. La version suivante, très épurée, est interprétée par Barbara Dickson.

Une mélodie des Highlands

Gavin mac Brodie a pris la décision de quitter le manoir familial et de commencer une nouvelle vie en solitaire, ce qui lui permettra, il l’espère, de retrouver la foi. Mais c’est alors qu’il fait la rencontre de Cat, une femme picte peinte en bleue. Retournant vers la maison qu’il construit et espérant revoir la mystérieuse jeune femme, il chante une chanson que lui a enseignée sa grand-mère et dont il ne connait que le premier couplet.

Il s’agit de “Westron Wynde”, une chanson anonyme aux paroles séculaires dont la mélodie a servi de base à des cantiques et à des chansons à vocation religieuse. Son origine remonte probablement à la moitié du XVIe siècle.

La version suivante est interprétée par Francesco Barbieri.

Bonus : L’espoir des MacKinnon

Dans l’esprit d’un Conte de Noël de Charles Dickens, Hugh FitzSimon reçoit la visite de l’esprit de sa défunte épouse qui lui montre ce qui a été, ce qui est et ce qui sera s’il ne tente pas de corriger ses erreurs.

Abandonné par tous dans son manoir glacé, Hugh n’a qu’une envie : retrouver son lit, mais c’est sans compter sur une mélodie qui se fait entendre dans le solarium. Gagnant la pièce à pas de loup, il voit une lumière éblouissante émerger de la pièce et une silhouette de femme qui semble bercer un enfant près du feu tout en lui chantant une mélodie qu’il a toujours trouvée irritante et sirupeuse.

Hum, il semblerait qu’il s’agisse ici d’un léger anachronisme, puisque l’origine de “Greensleeves” serait en réalité élisabéthaine, mais il s’agit d’une des mélodies des temps anciens les plus reconnaissables, reprise par de nombreux artistes et référencée dans de nombreuses œuvres populaires, de Shakespeare aux Beatles. La rumeur voudrait aussi que l’écriture de cette chanson ait été commanditée par le monarque Henri VIII en l’honneur de son épouse Anne Boleyn.

La version suivante est interprétée par Méav Ní Mhaolchatha.

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